L’efficacité du yoga dans le traitement du syndrome de l’intestin irritable

Pavan F, Yadav SS, Costantino A, Dell’Era A, Mastroianni M, Buoli M. The Effectiveness of Yoga for Irritable Bowel Syndrome: A Systematic Review. Compr Physiol. 2025 Oct;15(5):e70061. doi: 10.1002/cph4.70061. PMID: 41108584; PMCID: PMC12535283.
 

SOURCE

Copyright : © 2025 The Author(s). Comprehensive Physiology published by Wiley Periodicals LLC on behalf of American Physiological Society.

OVERVIEW

 Dans cette révision systématique de la littérature scientifique, les auteurs ont évalué les études sur l’efficacité du yoga dans la prise en charge du syndrome de l’intestin irritable (SII). Le SII est un trouble gastro-intestinal fréquent, qui touche environ 5 à 10 % de la population mondiale.
Le SII se caractérise par des douleurs abdominales récurrentes et des troubles du transit (diarrhée, constipation ou alternance des deux). Chez des nombreux patients, la rémission complète de ce trouble n’est pas garantie par les traitements conventionnels (médicaments symptomatiques, psychothérapie, antidépresseurs) .
Le yoga, agissant sur l’axe intestin-cerveau (nerf vague) ainsi que sur la régulation du stress, suscite un intérêt croissant comme thérapie complémentaire.
L’objectif de cette révision é été d’évaluer l’efficacité du yoga dans la prise en charge du syndrome de l’intestin irritable (SII) à travers l’analyse des résultats des études disponibles dans les principales bibliothèques scientifiques en ligne.
Méthodes
Des 193 études identifiés, 10 ont été retenus après application des critères d’exclusion (essais contrôlés randomisés ou études pilotes). Les interventions comprenaient différentes formes de yoga : hatha yoga (souvent méthode Iyengar), ashtanga, pranayama, yoga du rire, upa yoga, techniques de purification, etc., sur des durées de 6 à 12 semaines.
L’objectif était d’analyser les effets du yoga sur :
    • la sévérité des symptômes gastro-intestinaux,
    • la qualité de vie,
    • les symptômes psychologiques (anxiété, dépression, stress).
Résultats La majorité des études montrent une réduction significative de la sévérité des symptômes digestifs (notamment via l’échelle IBS-SSS) et/ou une amélioration des douleurs abdominales et des troubles du transit. Dans les études utilisant l’IBS-SSS comme critère principal, l’effet du yoga était modéré à important (Cohen’s d entre 0,37 et 3,60). Certaines études montrent une efficacité comparable au régime pauvre en FODMAP (sucres peu ou pas absorbés par l’intestin), à certains traitements médicamenteux, voire supérieure dans certains cas.
Le yoga a montré une amélioration significative de la qualité de vie (IBS-QOL), une diminution de l’anxiété et de la dépression, une réduction du stress perçu, une amélioration de la sensibilité viscérale et de la fatigue. Certains bénéfices ont été maintenus à moyen terme (3 à 6 mois), surtout lorsque l’adhérence à la pratique était bonne.
Les résultats suggèrent qu’une pratique régulière à domicile améliore les effets ; qu’une plus grande exposition au yoga est corrélée à une réduction plus marquée des symptômes et que l’abandon de la pratique peut être associé à une réapparition des symptômes.

Conclusions Les données actuelles suggèrent que le yoga pourrait améliorer à la fois les symptômes digestifs et les dimensions psychologiques du SII, en cohérence avec la nature biopsychosociale de ce trouble. Les preuves d’efficacité restent toutefois préliminaires.
Cette révision systématique présente les mêmes faiblesses que d’autres qui ont analysé l’efficacité du yoga pour les conditions de santé.
Toutes les publications incluses dans cette analyse montrent des limites : la taille des échantillons est petite ; la plupart des études évaluent la faisabilité d’une intervention ou sont des études pilotes ; la qualité méthodologique des études est globalement modérée ; les protocoles appliqué diffèrent (style de yoga, structure des séances, durée de l’intervention) ; les indicateurs utilisés pour mesurer l’efficacité des interventions varient ; peu d’essais étaient comparatifs, cet à dire que la plus part des interventions ne sont pas comparées à un standard de référence pour le traitement du SII.
Il n’existe pas un protocole de yoga agrée pour le traitement complémentaire du SII.
Des essais cliniques de plus grande ampleur, mieux standardisés et avec une méthodologie rigoureux sont nécessaires pour confirmer ces résultats et définir des protocoles thérapeutiques validés.